La mort entre les lignes
- il y a 3 jours
- 6 min de lecture
Échanges et partages autour de la mort, du deuil et de ce qui nous rend vivants
La mort nous concerne toutes et tous. Pourtant, lorsqu’elle entre réellement dans notre vie,

les mots deviennent parfois difficiles à trouver.
Après la mort d’un proche, il arrive que l’entourage se fasse plus discret, que les conversations se raréfient ou que l’on hésite soi-même à évoquer encore la personne disparue.
On peut craindre de déranger, de provoquer un malaise, de paraître trop triste ou de ne pas vivre son deuil comme il le faudrait.
Certaines questions restent alors sans lieu où se déposer.
La mort entre les lignes propose, une fois par mois, un espace chaleureux où parler librement de la mort, du deuil, de l’absence et de notre rapport à la finitude.
Une rencontre pour ne pas rester seul avec ce que l’on traverse.
Pour mettre des mots sur une expérience parfois difficile à partager.
Pour entendre d’autres vécus sans comparer les souffrances.
Pour retrouver, au cœur d’une communauté humaine, des ressources, des résonances et parfois de nouveaux appuis.
Entre les lignes de cet article
1- Sortir la mort du silence
Inspirée de l’esprit des « cafés mortels » initiés par le sociologue et ethnologue Bernard Crettaz, cette rencontre se déroule au Matato, café-librairie à Nivelles.
Le principe est simple : se retrouver autour d’une boisson pour parler de la mort avec simplicité, profondeur et authenticité, en dehors des cadres médicaux, institutionnels ou thérapeutiques.
Il ne s’agit ni de dramatiser la mort ni de la rendre artificiellement plus légère. Il s’agit de lui redonner une place dans nos conversations et dans la communauté des vivants.
Pouvoir nommer la mort ne supprime ni l’absence ni la douleur. Mais la parole, lorsqu’elle est accueillie sans jugement, peut alléger le sentiment d’isolement, faire émerger de nouvelles compréhensions et permettre à chacun de se sentir reconnu dans ce qu’il traverse.
2- À qui s’adresse ces rencontres ?
La mort entre les lignes est ouverte à toute personne :
touchée par la mort d’un proche ;
endeuillée après la mort d’un conjoint, d’un enfant, d’un parent, d’un ami ou d’une autre personne importante ;
confrontée à la mort d’un animal aimé ;
accompagnant une personne en fin de vie ou atteinte d’une maladie grave ;
bouleversée par une mort brutale, annoncée, ancienne ou récente ;
confrontée au suicide d’un proche ;
habitée par des questions concernant sa propre mort ou celle d’une personne aimée ;
souhaitant réfléchir à la place de la mort, des rites, de l’absence et de la mémoire dans notre existence.
Il n’est pas nécessaire d’avoir vécu un deuil récent.
Certaines morts continuent à nous habiter longtemps.
Certaines questions apparaissent plusieurs mois ou plusieurs années après l’événement. Chacun est accueilli là où il se trouve, sans calendrier imposé et sans modèle de « bon deuil ».
3- Ce que les rencontres peuvent apporter
Participer à La mort entre les lignes, c’est pouvoir :
parler de la personne disparue sans craindre de mettre les autres mal à l’aise ;
exprimer une émotion, une question ou une expérience restée jusque-là silencieuse ;
se sentir moins seul face à la mort et au deuil ;
rencontrer des personnes traversées par des réalités qui peuvent entrer en résonance avec la sienne ;
découvrir d’autres manières de vivre l’absence, de maintenir un lien ou de donner une place à la personne décédée ;
mieux comprendre ce qui se passe en soi grâce à la parole et à l’écoute ;
partager des lectures, des rituels, des pratiques ou des ressources susceptibles d’inspirer d’autres participants ;
retrouver une forme de soutien dans la présence d’un groupe ;
réfléchir à ce que la mort révèle de nos liens, de nos valeurs et de ce qui rend notre vie précieuse.
✨ Les expériences partagées ne constituent pas des réponses toutes faites. Elles ouvrent des possibilités. ✨
✨ Une parole peut en réveiller une autre. Une manière de traverser l’épreuve peut offrir un éclairage inattendu. ✨
✨ Une ressource découverte par une personne peut devenir une piste pour quelqu’un d’autre. ✨
C’est ainsi que se révèle l’intelligence collective du groupe.
4- Ni thérapie, ni conférence, ni espace de conseils
La mort entre les lignes n’est pas un groupe thérapeutique.
Ce n’est pas non plus une conférence sur le deuil ni un lieu où une spécialiste expliquerait aux participants comment ils devraient vivre leur expérience.
Sophie sera présente comme garante du cadre protecteur de la rencontre, et non comme experte de la vie ou du deuil des autres.
Son rôle sera de veiller :
à la sécurité de la parole ;
au respect de chaque personne ;
à la confidentialité des échanges ;
à une circulation équilibrée de la parole ;
à l’absence de jugement et de conseils imposés ;
à la liberté de parler comme à celle de garder le silence.
Ici, personne ne vient analyser, corriger, sauver ou réparer une autre personne.
Chacun parle depuis sa propre expérience, en utilisant le « je ».
Les ressources peuvent être partagées comme des sources d’inspiration, jamais comme des prescriptions.
Il est possible de raconter, de questionner, d’écouter, d’être ému ou de rester silencieux.
Personne n’est obligé de dévoiler son histoire ni de prendre la parole avant de s’y sentir prêt.
5- Un thème par séance choisi ensemble
Le thème de chaque rencontre ne sera pas fixé à l’avance.
Au début du cercle, chacun pourra nommer brièvement la question, la difficulté ou la préoccupation qui l’accompagne ce jour-là.
Le groupe choisira ensuite la thématique qui semble la plus présente et la plus porteuse pour la rencontre.
Il pourra être question, par exemple :
de l’absence et du manque ;
de la solitude après la mort ;
de la colère, de la culpabilité ou du soulagement ;
du décalage avec l’entourage ;
des dates anniversaires et des périodes de fête ;
des objets, des lieux et des souvenirs laissés par la personne disparue ;
des rites funéraires ou de leur absence ;
de la mort brutale ou annoncée ;
du suicide ;
de la mort d’un enfant ;
de la mort d’un animal ;
de la peur de sa propre mort ;
de la manière dont un lien peut continuer après la mort ;
de ce que le deuil transforme dans notre rapport à la vie;
...
Le groupe ne cherchera pas à produire une réponse unique.
Chaque personne porte une histoire, une culture, une sensibilité et une manière singulière d’habiter le monde. Cette diversité sera accueillie comme une richesse, dans le respect de ce qui nous relie toutes et tous : notre commune humanité.
6- Une rencontre dans un café-librairie
Le choix du Matato n’est pas anodin.
Le café permet de parler de la mort dans un lieu ordinaire, vivant et convivial, plutôt que de la maintenir à distance ou de la réserver aux institutions spécialisées.
La librairie ouvre également la porte aux récits, aux mots, aux témoignages et aux différentes manières dont les êtres humains ont toujours tenté de penser la mort et de vivre avec l’absence.
Magali et Laurent font du Matato un lieu de rencontres, de culture et de questionnement. L’un ou l’autre sera présent aux côtés de Sophie lors des rencontres.
Autour d’une boisson, au milieu des livres, la mort peut reprendre sa place dans la cité et dans la conversation humaine.
Car parler de la mort ne nous éloigne pas nécessairement de la vie.
Cela peut aussi nous aider à reconnaître plus clairement ce qui compte, ce qui nous relie et ce que nous souhaitons rendre vivant aujourd’hui.
7- Prochaine rencontre et Informations pratiques
Vendredi 4 septembre 2026, de 19 h à 21 h
La rencontre se déroulera en trois temps :
19 h à 19 h 15 : accueil et installation ;
19 h 15 à 20 h 45 : cercle de parole et de partage ;
20 h 45 à 21 h : clôture progressive de la rencontre.
Celles et ceux qui le souhaitent pourront ensuite prolonger librement les échanges là ou ailleurs.
Informations pratiques
Lieu
Matato – Café-librairie9, rue du Pont Gotissart1400 Nivelles
Participation
12 € par personne, auxquels s’ajoute au minimum une consommation sur place.
Si l'aspect financier est un problème, n'hésitez pas à m'en faire part
Sophie - sophie.hougardy@voies-du-corps.com - +32 472 59 59 35
Fréquence
Un vendredi par mois, de 19 h à 21 h.
Inscription préalable indispensable
Envoyez un mail OU un texto (portable, whatsapp)
Sophie - sophie.hougardy@voies-du-corps.com - +32 472 59 59 35
Pour permettre à cette nouvelle proposition de commencer, la première rencontre (vendredi 4 septembre) sera confirmée à partir de trois personnes inscrites.
L’intention est ensuite de réunir au minimum cinq participants afin que la diversité des paroles puisse pleinement nourrir la dynamique collective.
8- Venir sans savoir quoi dire
Il n’est pas nécessaire de préparer son témoignage ni de savoir exactement ce que l’on souhaite partager.
Il est possible de venir avec une histoire, une question, un souvenir, une inquiétude, une émotion ou simplement le besoin d’écouter.
Parfois, il suffit de pousser une porte, de prendre place parmi d’autres êtres humains et de laisser la parole trouver progressivement son chemin.
La mort entre les lignes
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