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Protéines et acides aminés

  • 28 mai
  • 7 min de lecture

Essentielles à notre vitalité


On parle souvent des protéines pour les muscles, le sport ou la récupération.

Mais leur rôle va beaucoup plus loin.


Les protéines sont au cœur de notre structure, de notre régénération, de notre immunité, de notre digestion, de notre équilibre nerveux et hormonal.


En réalité, notre corps fabrique en permanence des protéines.

lI en a besoin pour réparer, construire, transmettre des messages, se défendre, digérer, cicatriser, se renouveler.


Et pour fabriquer ces protéines, il lui faut une matière première essentielle : les acides aminés.



Les protéines : les grandes bâtisseuses du corps


Une protéine est une chaîne composée d’acides aminés.

On peut imaginer les acides aminés comme des lettres, et les protéines comme des mots ou des phrases que le corps écrit chaque jour pour fonctionner correctement.


Les protéines participent notamment à la fabrication :

  • des muscles : actine, myosine ;

  • de la peau, des tissus conjonctifs et des fascias : collagène, élastine ;

  • des enzymes digestives ;

  • des anticorps ;

  • de la kératine des cheveux et des ongles ;

  • de certaines hormones ;

  • de nombreux messagers impliqués dans la communication cellulaire.


Elles ne sont donc pas uniquement des “briques” de construction.

Elles sont aussi des outils de réparation, de communication et d’adaptation.

Les acides aminés : la matière première


Il existe 20 acides aminés principaux utilisés par le corps pour fabriquer ses protéines.


Parmi eux :

  • certains peuvent être fabriqués par l’organisme ;

  • 9 sont dits essentiels, car ils doivent être apportés par l’alimentation : : Histidine, isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, thréonine, tryptophane, valine.


Ces 9 acides aminés essentiels sont indispensables

Si l’un d’eux manque régulièrement, le corps aura plus de difficulté à fabriquer correctement ses protéines.


C’est une notion importante : il ne suffit pas de “manger des protéines”.


Il faut aussi apporter des protéines de qualité, bien digérées, bien assimilées, et suffisamment variées.

Pourquoi les protéines sont aussi importantes pour le cerveau


Les acides aminés ne servent pas seulement aux muscles ou aux tissus.


Ils interviennent aussi dans la fabrication de plusieurs neuromédiateurs, c’est-à-dire des messagers chimiques du cerveau et du système nerveux.


Quelques exemples simples :

  • le tryptophane participe à la voie de la sérotonine, impliquée dans l’humeur, l’apaisement et le sommeil ;

  • la tyrosine participe à la voie de la dopamine et de la noradrénaline, impliquées dans la motivation, l’élan, l’attention et l’éveil ;

  • le glutamate et le GABA jouent un rôle majeur dans l’équilibre entre activation et apaisement du système nerveux ;

  • l’histidine peut être transformée en histamine, impliquée dans l’éveil, l’immunité et certaines réactions inflammatoires.


Cela ne signifie pas qu’un apport protéique règle à lui seul les problèmes de sommeil, de fatigue, de compulsions alimentaires, de burn-out ou de moral.

Mais cela signifie qu’un manque de protéines ou d’acides aminés peut fragiliser le terrain.


Dans ma pratique, c’est une dimension que je trouve fondamentale : beaucoup de personnes arrivent avec des signes d’épuisement nerveux, de dérégulation de l’appétit, de fringales, de sommeil instable, de perte de motivation ou de difficultés à récupérer.


Or le système nerveux a lui aussi besoin de matière première.


Qu’est-ce qu’une protéine de qualité ?


Une protéine de qualité n’est pas seulement une protéine “riche en grammes”.


C’est une protéine qui répond à plusieurs critères :

  1. Elle apporte tous les acides aminés essentiels, ou s’intègre dans une journée alimentaire qui les apporte tous :

  2. Elle est bien digérée. Une protéine mal digérée peut créer lourdeur, inconfort, ballonnements ou fatigue digestive.

  3. Elle est bien assimilée. Ce que l’on mange n’est pas toujours ce que le corps utilise réellement.

  4. Elle vient avec des cofacteurs utiles : fer, zinc, vitamines du groupe B, oméga-3, magnésium, selon les sources.

  5. Elle est adaptée à la personne : âge, niveau d’activité, digestion, objectifs, stress, masse musculaire, récupération, terrain inflammatoire.


C’est pour cela que la qualité prime sur la quantité brute.


Protéines animales : complètes et très biodisponibles


Les protéines animales sont souvent dites “complètes”, car elles apportent tous les acides aminés essentiels dans de bonnes proportions.


On les trouve notamment dans :

  • les œufs ;

  • les poissons ;

  • les volailles ;

  • les viandes ;

  • certains produits laitiers de qualité ;

  • les protéines de lactosérum, comme la whey, lorsque cela convient à la personne.


Leur intérêt principal : elles sont généralement très biodisponibles, c’est-à-dire facilement utilisables par le corps.


Elles sont aussi souvent riches en leucine, un acide aminé particulièrement important pour la synthèse musculaire, donc pour la préservation de la masse musculaire, surtout à partir de la quarantaine.


Pas qu'une question d'origine


Les protéines animales peuvent être précieuses, à condition d’être bien choisies : issues d’élevages locaux ou de qualité, avec des animaux nourris correctement, élevés dans de bonnes conditions, sans excès d’antibiotiques, d’aliments ultra-transformés ou de pratiques intensives. Ici, la qualité prime clairement sur la quantité.


Il est aussi préférable de les consommer les plus fraîches possible, car une protéine animale est une matière vivante et fragile : plus elle vieillit, plus elle s’oxyde, se dégrade et peut devenir plus difficile à digérer notamment par la fabrication d'amines dans le processus de dégradation.


Enfin, la cuisson compte énormément. Une cuisson douce, à basse température, respecte mieux la structure des protéines. À l’inverse, les cuissons trop fortes, brûlées ou excessivement grillées peuvent durcir les protéines, favoriser leur coagulation excessive, altérer certains acides aminés et compliquer le travail digestif.


L’objectif est simple : permettre au corps de découper correctement les protéines en acides aminés, ces fameux “blocs de construction” dont il a besoin pour réparer, régénérer, fabriquer du muscle, des enzymes, des neurotransmetteurs et soutenir l’immunité.


Protéines végétales : précieuses, mais à bien combiner


Les protéines végétales ont de grands atouts.


Elles apportent souvent :

  • des fibres ;

  • des minéraux ;

  • des polyphénols ;

  • des éléments favorables au microbiote ;

  • une belle diversité alimentaire.


On les trouve dans :

  • les légumineuses : lentilles, pois chiches, haricots, pois cassés ;

  • le soja, surtout sous forme fermentée comme le tempeh ou le miso ;

  • le quinoa ;

  • le sarrasin ;

  • les graines ;

  • les noix et oléagineux ;

  • certaines poudres végétales, comme pois, riz, chanvre.


Mais plusieurs protéines végétales sont plus limitées en certains acides aminés.


Par exemple, les céréales peuvent être plus pauvres en lysine, tandis que certaines légumineuses peuvent être plus limitées en méthionine.


Des solutions pour y pallier

Varier et associer

Exemples :

  • lentilles + riz ;

  • pois chiches + sésame ou tahini ;

  • haricots + céréales ;

  • pois + riz dans certaines protéines végétales en poudre.


Pour les protéines végétales, la préparation compte autant que le choix


Les céréales, les légumineuses et les oléagineux contiennent naturellement des fibres, des phytates et d’autres composés qui peuvent freiner la digestion ou limiter l’absorption de certains minéraux.


Ce n’est pas un problème en soi : c’est simplement une raison de les préparer correctement.


Les légumineuses — lentilles, pois chiches, haricots, pois cassés

Elles gagnent à être trempées, germés, puis cuites à la vapeur


Les céréales

riz, avoine, sarrasin, quinoa, épeautre, millet,... — peuvent elles aussi être trempées, surtout lorsqu’elles sont consommées régulièrement. Cela aide à réduire les phytates et à rendre les minéraux plus disponibles. Certaines, comme le quinoa, doivent surtout être très bien rincées pour éliminer les saponines, responsables d’une amertume et parfois d’une irritation digestive.

Les oléagineux

Amandes, noix, noisettes, graines de tournesol, de courge, de sésame — peuvent être trempés quelques heures, puis rincés.

Cela les rend souvent plus digestes et plus doux pour l’intestin.

Pour les graines comme le chia ou le lin, on cherche plutôt à les hydrater : elles forment alors un gel mucilagineux intéressant pour le transit et la satiété.

La germination


Elle réveille la graine, amorce certaines transformations enzymatiques, peut améliorer la digestibilité et rendre certains nutriments plus accessibles.

Elle convient particulièrement bien aux lentilles, au sarrasin, à l’alfalfa, aux graines de fenugrec ou de radis.


En revanche, elle demande une hygiène impeccable : rinçage régulier, eau propre, matériel propre, et consommation rapide.


En résumé


Les protéines végétales sont précieuses, mais elles se respectent.

On les trempe, on les rince, on les cuit correctement ou on les fait germer avec soin.


C’est ce qui permet de mieux les digérer, de mieux profiter de leurs minéraux et de leurs acides aminés, et d’en faire de vrais aliments de construction plutôt que de simples “aliments santé” mal assimilés.


Digestion : manger ne suffit pas, il faut assimiler


C’est un point essentiel.


Une personne peut manger des protéines, mais mal les digérer.

Dans ce cas, le corps ne reçoit pas pleinement les acides aminés dont il a besoin.


Pour soutenir la digestion des protéines, plusieurs gestes simples peuvent aider :

  • manger dans le calme ;

  • bien mastiquer ;

  • éviter les repas trop lourds le soir ;

  • choisir des cuissons douces ;

  • éviter de brûler ou carboniser les aliments ;

  • adapter les quantités à sa capacité digestive ;

  • soutenir le foie, la bile et l’équilibre digestif si nécessaire.


La digestion est une étape centrale.Une protéine de qualité est une protéine que le corps peut réellement transformer, absorber et utiliser.


La cuisson change la qualité de ce que l’on mange


Le mode de cuisson influence la digestibilité des protéines.


Les cuissons douces sont généralement plus favorables :

  • vapeur ;

  • mijoté ;

  • cuisson lente ;

  • basse température ;

  • bouillon ;

  • soupe ;

  • papillote de qualité, sans aluminium en contact avec l’acidité ou le gras.


À l’inverse, les cuissons très fortes, grillées ou brûlées, peuvent rendre les protéines plus difficiles à digérer.


Quand les aliments brunissent fortement, notamment en présence de sucres et de protéines, il se produit une réaction appelée réaction de Maillard.


Elle donne du goût, du croustillant, cette saveur grillée que beaucoup apprécient. Mais en excès, elle peut aussi générer des composés moins favorables pour la digestion et le terrain inflammatoire.

Il ne s’agit pas de devenir rigide.Il s’agit de comprendre que le “trop grillé” n’est pas anodin, surtout chez les personnes sensibles, fatiguées, inflammées ou en difficulté digestive.


Et les compléments protéinés ?


Les compléments ne remplacent pas une alimentation cohérente.


Mais dans certains cas, ils peuvent être utiles :

  • après un effort sportif ;

  • en période de récupération ;

  • lorsque les apports alimentaires sont insuffisants ;

  • quand la masse musculaire doit être préservée ;

  • chez certaines personnes stressées, fatiguées ou en difficulté à couvrir leurs besoins.


Vous trouverez des articles en parlant ci-dessous.



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